La tige de (la) botte, la lave et le violon

Le titre d’une fable ? Non. Il s’agit simplement des tuiles qui recouvrent les maisons de la Grande Ruelle et leurs engrangements.

La toiture du futur gîte du Bévau est à elle seule un mini-condensé de l’histoire des couvertures en Champagne ou Lorraine : un reste de laves sur la partie très pentue de la toiture, complété par des tuiles mécaniques à emboîtement, et les tuiles « tige de botte » ou « canal » sur la partie la moins pentue.

Laves, tuiles canal et tuiles mécaniques

Les laves (dans le Sud, ancien pays de langue d’Oc, on dirait « lauze ») sont des pierres calcaires plates extraites des « lavières ». Elles étaient posées en tas de charge, c’est-à-dire empilées à plat et décalées à chaque rang en suivant le profil de la charpente. Le poids de l’empilement assurait la stabilité, empêchant les pierres du dessous de glisser ou de basculer. Il supposait des pentes de toiture raides et une solide charpente. Les laves de grès que l’on trouve dans le sud du département des Vosges sont posées sur des toitures moins inclinées.  de même que les lauzes de schiste des Cévennes, par exemple, qui sont, de ce fait, posées parallèlement à la pente du toit. 

Il reste peu de toitures couvertes entièrement de laves dans le secteur. Une maison à Trampot, le lavoir du bien nommé lieu-dit des « Lavières », à Liffol-le-Grand. Quelques vestiges à Pagny-sous-Mureaux…  Quelquefois, comme ici, seules les pierres qui couvraient les murs pignons sont restées en place.

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