Mon Amazonie à moi

Grand (88) Bois des Gourseaux

Je ne sais pas grimper dans les arbres.

Et – chance – je n’ai pas besoin d’hélicoptère. Pour éprouver un peu des sentiments des « grands » – je veux dire ces « pointures », scientifiques, artistes et humanistes, Francis Hallé, Luc Jacquet et leurs compagnons, qui nous partagent leur attachement aux forêts primaires avec le film « Il était une forêt » -, il me suffit de prendre la route de Midrevaux ou bien de descendre vers Lafauche.

Certes, les forêts d’ici n’ont rien de forêts primaires ; elles n’ont rien de l’extraordinaire exubérance des forêts de l’Afrique équatoriale ou de l’Amazonie ; leurs arbres n’y atteignent pas les sommets de grandeur et de majesté de ceux que l’on voit dans le film ou sur le site de l’expédition qui précéda celui-ci. Mais elles forment un ensemble véritablement impressionnant, que le regard embrasse à perte de vue de la modeste hauteur de notre plateau. Hormis quelque rare véhicule sur la route, rien ne trahit la présence humaine, et c’est un moutonnement infini de cimes dorées qui s’estompe dans la brume lointaine, à l’automne, une étendue légère de verts juteux et tendres qui rejoint le ciel au printemps, au plus loin que l’œil porte,  un océan de verts plus ou moins obscurs au plein cœur de l’été. Mon Amazonie, à mes pieds collés de terre, me procure à chaque fois le même ravissement, la même sensation d’un immense privilège dans un espace rare. Vivent les arbres !