Ici, sous les tropiques…

Cidaroïde - Cidaridae

La géologie a toujours quelque chose de fascinant. Comme l’astronomie. Des sciences pointues, dont la matière est pourtant à portée des yeux ou de la main, et qui nous entraînent vers l’infiniment lointain, dans l’espace ou dans le temps.

Que dites-vous de cet oursin ? Il nous a suffi de nous pencher pour le ramasser au bord de la plage… Non, je plaisante. C’était au bord du chemin, lors d’une courte promenade à Fréville, cette semaine. Mais il nous a aussitôt évoqué un paysage marin, un air de tropiques : le paysage du Jurassique, il y a quelque 155 millions d’années…

Je me suis replongée dans le dictionnaire de géologie de Foucault et Raoult et me suis régalée de tout un vocabulaire que je connaissais plus ou moins, et dont la précision est à la mesure de la sophistication de ces invertébrés marins d’apparence anodine : le test – la carapace -,  la structure pentaradiée  – symétrie radiale d’ordre 5, avec 5 aires ambulacraires alternant avec 5 aires interambulacraires -, les assules  – les plaques dont on voit la soudure et qui constituent le test -, les radioles – les piquants -, les tubercules scrobiculaires – les petites protubérances qui encerclent le mamelon sur lequel s’articule le piquant, – oral et aboral – pour qualifier la face inférieure, qui comporte la bouche et la face supérieure, avec l’anus -, la lanterne d’Aristote – le système masticateur -, etc.

Un animal sophistiqué, vous disais-je, avec un circuit aquifère, entre une plaque filtrante – le madréporite -, située dans l’appareil apical de l’animal, et les podia – ou tubes ambulacraires -, qui traversent le test au niveau des petites perforations des aires ambulacraires et servent à la fois au déplacement et à la respiration.

Tout ceci est parfaitement visible sur le fossile que nous avons ramassé. Notre échinide appartient à l’ordre des cidaroïdes et à la famille des cidaridae (cidaris), mais je ne m’avancerai pas plus, en dépit d’une excellente clé de détermination du Natural History Museum.

En ce mois de février si doux, une petite promenade à la plage s’imposait, non ?