Bourmont, cité de caractère

Bourmont porte

Champagne ou Lorraine… je vous le disais bien : nous sommes territoire de marche ! Bourmont, juchée sur la rive droite de la Meuse, au nord-est de Chaumont, au sud de Neufchâteau, en est un bel exemple : fondée par le comte de Champagne au 12ème siècle, elle releva du duc de Bar puis, lorsque le Barrois  fut rattaché à la Lorraine à la fin du 15ème siècle, du duc de Lorraine. Sa toute voisine, Saint-Thiébault, sur la rive gauche de la Meuse, appartenait quant à elle au Barrois mouvant de France.

De sa position géographique et de cette histoire, Bourmont, garde des traces importantes. Ses fortifications, agrandies et renforcées à plusieurs reprises, démantelées par les troupes de Louis XIV en 1671,  sont encore visibles – ici un bout de chemin de ronde dans une cour, là une tour, là encore, si l’on a la chance d’être admis à l’intérieur d’une maison, un reste de mur. De l’église du 12ème siècle subsiste le portail à l’entrée de la crypte de l’église Saint-Joseph, tandis que  l’édifice civil le plus ancien, du 16ème siècle, la maison du Bailli, se cale en contrebas de l’imposante église Notre-Dame.

Des demeures opulentes, en belle pierre de taille, des 17ème et 18ème siècles, offrant de longs alignements bien ordonnancés, côtoient des maisons plus modestes, mais intéressantes par leurs entourages de baies, leurs bancs de pierre adossés à la façade, leurs jours de volets, leurs ferrures et d’autres détails encore. De charmants escaliers de pierre, ensauvagés et intimes, vous mènent jusqu’à la promenade du Côna et son allée de tilleuls, dont certains ont bien 200 ans. Du sommet, comme de l’esplanade devant l’hôtel de ville ou de quelque terrasse privée, vous embrassez toute la vallée de la Meuse et toute la terre « de France » que l’on atteignait par la rue du « Faubourg de France », cette arête bordée de deux rangs de maisons aux toits régulièrement étagés, qui frappe, de loin, dans le paysage.

Je ne saurais tout vous énumérer. Le site vous occupera de longues, très longues heures, mêlant culture et nature. Savez-vous que les Huot de Goncourt, père et grand-père des Frères Goncourt, demeurèrent là ? Que l’éditeur Albin Michel naquit ici, tout comme l’écrivain Haraucourt, connu pour son poème qui nous dit que « partir… c’est mourir un peu » ? Une chose est certaine : ne manquez pas le parc des Roches, un parc romantique exceptionnel… mais chut, ce sera pour une autre fois, pour la promenade comme pour le billet ! Une  « Petite Cité de Caractère® », ça mérite plus d’un détour !