Lavoirs

lavoirsEntre Champagne et Lorraine, les lavoirs sont nombreux. Les villages en comportent quelquefois plusieurs, comme Saint-Urbain-Maconcourt, qui en compte 5, auxquels s’ajoutent 6 fontaines.

Quelquefois modestes, aménagés au fil de l’eau, avec crémaillères pour relever ou abaisser les planches à laver (Champougny, Maxey-sur-Vaise ou Rouceux-Neufchâteau), ils sont le plus souvent d’une facture particulièrement soignée. En Meuse, la qualité du calcaire des carrières de Savonnières ou Euville explique la présence de nombreux lavoirs en pierre de taille, qui peuvent s’orner de décors inspirés du monde végétal ou aquatique (Dainville), de la mythologie gréco-romaine, voire de modèles égyptiens (Mauvages).

Si les bassins sont généralement de plan rectangulaire, comme à Trampot, il existe aussi, dans la région, des lavoirs à bassin semi-circulaire (Mauvages ou Houdelaincourt), circulaire (Cirey-lès-Mareilles ou Blécourt) ou octogonal (Montigny-le-Roi – lavoir à impluvium).

La plupart des lavoirs ont été édifiés au 19ème siècle, au moment où, avec les épidémies de choléra, l’importance cruciale de l’hygiène devenait une évidence. Ils pouvaient être alimentés par des sources utilisées de longue date (fontaine gallo-romaine de Braux-le-Châtel, par exemple), quelquefois pour leurs vertus thérapeutiques voire miraculeuses, comme à Delouze (lavoir Saint-Pierre de Vérone). Certains lavoirs sont plus anciens : à Liffol-le-Grand, l’impressionnante halle-fontaine de Saint-Vincent, construite en 1551, reconstruite par la suite, est transformée en lavoir avant 1788. Les bassins actuels, de 1821,  présentent la particularité de permettre aux lavandières de laver debout, comme à Villeroy-sur-Méholle, et non agenouillées dans un carrosse.

Le lavoir était généralement complété d’une fontaine, d’abreuvoirs, d’un guéoir. Les fonderies de Tusey, du Val d’Osne, de Bar-le-Duc (fonderie Durenne) etc. ont fourni de nombreux ornements qui agrémentent les fontaines. Certains guéoirs, comme à Epiez-sur-Meuse ou Montigny-lès-Vaucouleurs, sont encore en eau. Lavoir de Villouxel

Les lavoirs à ciel ouvert sont rares. Villouxel en compte un dans le village, dans un site remarquable, au pied de « la roche ». Tout aussi rares sont ceux qui, comme à Ourches-sur-Meuse, comportaient une cheminée, apportant un peu de chaleur et permettant de faire bouillir le linge sur place.

Explorer le sujet des lavoirs sur le terrain en s’attachant aux différents décors, aux différentes couvertures, aux différentes typologies – à celles déjà citées, on pourrait ajouter les lavoirs-passerelles, les lavoirs-halles, les lavoirs ouverts sur un côté -, offre matière à de nombreuses heures de découverte. Le Comité départemental du tourisme de Haute-Marne propose un circuit des lavoirs, entre Joinville et Vignory. On pourra compléter l’exploration par exemple par une visite du musée-lavoir de Louvemont.

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