Canton et …. canton

cabane de cantonnier en Haute-Marne

Peu importe que les conseils généraux soient devenus des conseils départementaux, le découpage des départements en cantons demeure.  Mais si les départements conservent finalement la gestion des routes, cela ne fait pas pour autant de nos conseillers départementaux des cantonniers….

Car il y a canton et canton. Les cantons, portion de territoire départemental, ont été créés à la Révolution. Depuis, ils ont vu leurs contours évoluer régulièrement : Trampot qui, à la formation du département des Vosges en 1790, appartenait au canton de Grand, relève depuis longtemps –  tout comme Grand, d’ailleurs – du canton de Neufchâteau, ce dernier étant passé récemment de 25 à 47 communes.

Mais avant d’être une portion de département, le canton fut une portion de route. Qui ne se souvient de la chanson du cantonnier de la route de Louviers « qui cassait des tas de cailloux » ? La corvée des routes, on le sait, était contestée par ceux qui devaient consacrer chaque année quelques journées à leur entretien. Leur manque de zèle, le caractère discontinu de l’entretien rendaient celui-ci assez peu efficace. Résultat : la corvée fut supprimée au milieu du 18ème siècle et remplacée par un entretien continu confié à des adjudicataires d’abord, à des salariés plus tard. Ces cantonniers avaient en charge l’entretien d’une section, un canton, qu’ils devaient parcourir toutes les semaines.

Le règlement de 1816 leur imposa d’être sur les chemins de 6 h du matin à 6 h du soir entre les équinoxes du printemps et de l’automne, du lever au coucher du soleil le reste de l’année. Obligés à être présents par tous les temps, ils étaient autorisés à se construire des abris, selon un plan uniforme approuvé. Cet abri devait rester à la vue depuis la route  – le règlement de 1836 précise qu’il devait être à moins de 10 m de celle-ci – afin que l’on pût constater leur présence à tout moment.

Vous verrez encore quelques-uns de ces abris, avec leur cheminée, le long de nos routes, appréciés désormais des cyclistes et marcheurs surpris par quelque ondée.

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